Lolette nous a quittés

 

Solange Sonnet,
née Duval

dite Lolette

1934

2026

Alors qu’à Paris l’agitation politique est de mise après les émeutes fomentées par l’extrême-droite contre le gouvernement Daladier, à Ney dans le Jura deux jumeaux ouvrent les yeux le 8 février 1934 entre deux Présidents du Conseil. Le Président de la République Albert Lebrun nommera le lendemain Gaston Doumergue. De leur côté Marcelle et Léon Duval ont dû nommer deux enfants d’un coup, Solange et Henri, qui s’installent dans la fratrie déjà formée par Robert et Monique. Suivront René, Roland, Aimé, Angèle puis Christian. La famille aura la douleur de perdre prématurément Robert, quatorze ans, et Angèle, deux ans.

Les liens familiaux sont forts et Solange passe somme toute une enfance heureuse. Elle fréquence naturellement l’école communale et obtiendra son certificat d’étude. Adolescente, Solange fait l’expérience de la solidarité familiale au travers des tâches ménagères auxquelles toute fille bien élevée est tenue de contribuer à l’époque, participant aussi aux travaux de la ferme avec sa maman tandis que son père, maréchal-ferrant du village, lui met à la forge le pied à l’étrier.

Comme la plupart des jeunes du village, Lolette sous l’impulsion de l’Abbé Ranfer goûtera aux activités sportives et culturelles de la paroisse : basket, gymnastique, danse et théâtre.

La Mercerie De Rovin à Champagnole lui assure son premier revenu, synonyme d’indépendance et d’autonomie. Elle en profite pour acheter son premier vélo, véritable outil de travail qui la rapproche de son domicile tout en offrant une nouvelle opportunité pour les sorties et les loisirs.

Lolette sait que le vélo a ses limites, peut-être aussi que la traction-avant est née juste après elle, en mars 1934, et qu’il est utile de prendre le train en marche. Il n’est pas d’usage pour les parents de conduire les jeunes filles à faire du permis une priorité.  Alors elle s’inscrit en douce aux leçons et obtient le rose et précieux document en juin 1964.

Au bal, qu’elle fréquente allègrement, Lolette rencontre René Sonnet. C’est le coup de foudre qui la propulsera vers le mariage, en 1966.
Le couple s’installe au Pasquier et y pose avec l’arrivée de Patricia les fondations d’une famille, mais pas encore celles de leur maison.
Pour se consacrer à son nouveau rôle Lolette quitte la mercerie mais conservera des liens parmi ses collègues avec des amis qui resteront en contact jusqu’à nos jours.
Tous trois migrent vers Champagnole, où ils accueilleront aussitôt Benoit en 1969, puis Jocelyn en 1971 et Emmanuel en 1974. La famille est au complet. Il va falloir maintenant dresser la pierre. Ce sera en 1976 à Ney, à la Corvée, à proximité de la Forge de Léon. Retour aux sources pour Lolette.

Elle avait interrompu sa carrière à la naissance de leur premier enfant. Elle la relance chez Transports Rousseaux, Mille Services et la maison de retraite de Vannoz, après l’installation dans leur nouvelle maison où elle partage avec René les travaux de jardinage et la préparation du bois pour l’hiver.

Sur le temps libre les cartes s’imposent, entre voisins avec les Caseaux ou chez les amis, à Ney chez Paul Regard ou encore à Andelot. Prendre le thé est toujours un plaisir et piqueniquer un délice.

Le temps s’écoule paisiblement jusqu’à la retraite, qui coïncide avec l’arrivée de cinq petits-enfants entre 1993 et 1998. C’est l’occasion d’en profiter pleinement, tout en s’offrant un nouveau luxe, jamais abordé au cours de leur vie active. Partir en vacances. La Bretagne. Le Sud.  

En deux-mille cinq Lolette subit l’épreuve de la séparation avec la disparition tragique de son mari. C’est une autre vie qui commence, centrée sur les enfants et petits-enfants qui eux-mêmes ont terriblement souffert de cet évènement.

Elle fera de nouvelles découvertes, accompagnée de Patricia dans le Sud, à Bordeaux ou encore Toulouse-Blagnac avec visite d’Airbus et son impressionnant A-380.

Après un accident de voiture, touchée aux cervicales, Lolette devra composer avec des problèmes de mobilité croissants. La maison est adaptée en conséquence, notamment l’escalier. L’esprit de famille joue à plein. Manu et Jocelyn sur place font escale quotidiennement. Benoit depuis Lyon vient dès qu’il le peut. Patricia exerce une assistance renforcée, notamment la nuit. Entre le dix et le onze février sa maman à quatre-vingt-douze ans l’appelle une dernière fois, gênée par un mal de tête inhabituel dont l’issue se révélera fatale. Le lendemain, entourée de sa famille, elle s’endort calmement dans un sommeil définitif.

A ses enfants, ses petits-enfants, ses frères et toute la famille, nous adressons nos sincères condoléances.

P.A.

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