Le grand-père Polak avait quitté Budapest dans les années trente en quête d’une terre d’avenir et cette terre fut celle d’Arbois, où il put prendre pied pour donner naissance à Jean, futur champagnolais. Ce dernier rencontra Marcelle Sarand, originaire de Pont-de-Poitte et établie à Champagnole avec deux premier enfants, Georges et Catherine. De leur union naquirent Isabelle puis Didier.
Isabelle eut la chance d’avoir parmi ses meilleures copines de jeunesse sa propre cousine, Laurence, avec laquelle elle partageait tout, en famille, entre amis, à l’école où très vite on allait la surnommer Miss Marple, ce personnage central des romans d’Agata Christie dont elle avalait allégrement les lignes dès qu’elle en avait l’occasion. La lecture était l’une de ses passions, avec la danse et la musique. Johny Hallyday était l’un de ses chanteurs favoris.
Au terme de son cursus scolaire, au Collège des Louaitaux puis au Lycée Jeanne-d’Arc, elle effectua un stage à Noseroy dans la seule banque qui s’y trouvait. Elle fut ensuite embauchée dans l’entreprise L’Amy à Morez, où elle allait dérouler une carrière de vingt-cinq années.
Bien avant cela, en 1974, s’était produit un évènement dont malgré son intuition légendaire Miss Marple, alors âgée de 5 ans, ne pouvait pas se douter. Un certain Antonio en provenance du Portugal avait rejoint ses parents sur leur terre d’accueil à Ney. Ce qui aurait pu paraître comme un détail allait pourtant changer la vie d’Isabelle en 1981, année du changement surtout en mai, lorsque tous deux firent connaissance pour ne plus se quitter.
Un mariage scella cette union en 1986.
Sceller, pour un maçon et une femme de maçon, ça a du sens.
En 1990 Mélanie leur offrait par sa naissance un cadeau précieux.
La vie fut agréable, harmonieuse, d’abord à Champagnole puis à Ney, ou le couple s’installa, « chez la Marthe », à côté de l’Eglise, dans une maison admirablement restaurée exhibant à force de travail ses belles pierres d’origine.
Au début des années deux-mille, elle était encouragée par Catherine à partir en Hongrie, sur le sol de ses ancêtres, à la recherche avec Antonio d’improbables racines familiales, lorsqu’elle apprit le décès de sa sœur, malade.
Après les années deux-mille-dix, prise dans la tourmente de l’industrie lunetière qui fit les beaux jours de Morez, l’entreprise L’Amy opéra plusieurs séries de licenciements qui mirent un point final à une longue collaboration. Isabelle s’en trouva profondément affectée, et malgré un nouveau poste chez Logo, elle vécut une grosse déprime.
Suivirent des problèmes de santé qui insidieusement s’installaient et progressivement réduisaient la forme physique d’une épouse, d’une belle personne, comme le souligne aujourd’hui Antonio, resté fidèle à son chevet et dévoué à sa cause jusqu’au dernier instant.
Restera le souvenir heureux de ces beaux moments partagés, de ces voyages qu’elle adorait, au soleil surtout et dans le sud encore ce dernier été avec Antonio.
A sa fille, à son mari, ses frères, sa cousine et toute sa famille, nos sincères condoléances.
P.A.
