Marie-Pierre Neveux nous a quittés

Marie-Pierre NEVEUX

 

1948

2026

La famille Lamy est installée à Ney depuis le 18e siècle. Parmi cette grande famille étroitement liée à l’histoire du village, Marie-Pierre Neveux est une descendante de Claude-auguste Lamy, chimiste et ami de Pasteur, connu pour avoir isolé le Thallium, de son père le capitaine Désiré Lamy surnommé le « Brave de la Moskowa » au retour des campagnes napoléoniennes (Austerlitz, Wagram, Waterloo) et enfin de son grand-père Denis Lamy, maire de Ney de 1802 à 1808.

Beaucoup plus tard, Paris 17e, Marie-Pierre complétait une fratrie composée de Bertrand, le Henri Fonda de la famille tellement la ressemblance est flagrante encore aujourd’hui, Yves et Christiane. Son père Marcel Neveux, diplômé d’HEC et acteur amateur avec Jacques et Emmanuel Lamy dans la « Compagnie des 39 » joua salle d’Iéna à Paris entre 1934 et 1936. Il fut prisonnier en juin 1940 et rapatrié de Munster en 1944. Son grand-père Charles, lieutenant des Dragons qui avait épousé Jeanne Lamy, avait contribué aussi à la défense de la patrie, décoré de la légion d’honneur après avoir été blessé en 1914 et amputé d’une jambe.

En 1954 la famille Neveux résidait rue de Lille à Paris. Les étés étaient partagés entre l’étang dans le Loir et Cher et le Ney dans le berceau familial du Jura où Marie-Pierre appréciait le contact de la nature. Elle aimait prendre soin des veaux de Gaby, exploitant la ferme Lamy. Elle allait plus tard s’attacher fort à la famille Cattenoz et aux enfants de Christiane auxquels elle fera découvrir Paris.

Sa scolarité s’effectua à l’Ecole Saint Charles, l’Ecole de la Madeleine puis au Cours Désir. Le bac en poche en 1968, elle prit du bon temps à Banuyls durant l’été avant d’intégrer la faculté à Paris. A partir de l’année suivante, devenue institutrice, elle exerça dans la capitale. L’hiver était rythmé par de régulières sorties à ski en compagnie de son amie Bilou.

Mais bientôt, l’été et l’hiver n’allaient plus suffire pour pouvoir savourer les grands espaces ou le calme fait légion. Marie-Pierre répondant à l’appel du Jura sollicita une mutation, qu’elle obtint en 1976. Les bagages réunis, son fidèle ami Dolpic sauta dans la Méhari  pour accompagner sa maitresse sur la nationale 6 en direction des montagnes de nos plateaux.

Marie-Pierre exerça d’abord à Champagnole puis Censeau. Pendant son temps libre il arrivait qu’elle passe chez Marie. Elle y rencontra Noël puis décida d’investir à Chevrotaine dans une maison à rénover. En 1982, deux jumeaux pointaient leur nez. Arnaud et sylvain grandissaient tranquillement. Ils allaient goûter aux joies du football au Stade des Lilas mais ne firent pas carrière. Leur maman intégra l’école de Cize et la famille pu s’installer à Chevrotaine. Leur papa disparut en 1992.

Très impliquée dans la vie scolaire, elle s’employait dans l’organisation des sorties et des voyages. Elle consacrait le temps restant à ses jumeaux et aux amis. Son ultime mission professionnelle se déroula à l’Ecole Jules Ferry à Champagnole où elle fut directrice.

Une fois retraitée, elle s’investit dans la paroisse des Monts de Balerne et trouva vocation dans l’administration de sa commune où elle accomplit trois mandats en qualité de première adjointe puis maire à deux reprises. Nous nous rencontrions fréquemment durant cette période.

Les loisirs n’étaient pas en reste. Elle passait du temps dans les Alpes et en Bretagne où elle mettait ses talents culinaires au profit des colonies de vacances des Saisies et de Saint Germain de la Mer. Avec sa sœur Christiane elle découvrait de belles contrées, telles le Canada ou l’île de la Réunion.

A partir de 2019 ses mercredis et les vacances scolaires furent prioritairement réservés au bonheur de garder une nouvelle arrivante, sa petite fille Maya. Le mardi était jour de scrabble, moment de délicieuse concurrence avec Jocelyne et Maddie. Sur le plan sportif, ce sont la marche et la gym qui sollicitaient ses muscles. Sur le plan social, les journées « mamies à l’école » faisaient le job.

La propriété de Chevrotaine hébergeait d’autres amis. Les bêtes. Chats, chiens, lapins, poneys et même chevaux depuis que Sandrine et sylvain l’avaient rejointe dans la maison.

Marie-Pierre a quitté ce monde merveilleux le deux juillet, brutalement après plusieurs années de combat inégal contre une maladie insidieusement ravageuse.

Nous saluons ici son dévouement, sa bienveillance et son courage, sa joie de vivre et son honnêteté, et nous présentons à Arnaud, Sylvain, notre employé communal apprécié, et à leur famille, toutes nos condoléances.

Patrice ANTHONIOZ.

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